
Le pourboire au Maroc est un remerciement, pas une obligation. Le service est déjà compris dans les prix des restaurants : arrondissez ou laissez environ 10 %, arrondissez le taxi, comptez à partir de 20 DH au hammam, et remerciez guide et chauffeur une seule fois, à la fin. Prévoyez des billets de 20 DH et des pièces de 10 DH.
Le pourboire au Maroc déroute surtout ceux qui viennent de France. Chez nous, le service est compris et le pourboire reste rare ; au Maroc, le service est aussi compris dans les prix, mais les petits pourboires font partie du quotidien. Résultat : beaucoup de voyageurs hésitent, un billet à la main, devant le porteur qui vient de traîner leurs valises jusqu’au riad.
Ce guide donne les montants que nous laisserions nous-mêmes à Marrakech, explique quand un pourboire est attendu et quand il ne l’est pas, et s’arrête sur les deux situations qui tournent souvent mal : les photos sur la place Jemaa el-Fna et l’aide que l’on n’a pas demandée.
Pourboire au Maroc : combien donner, cas par casSommaire ↑
Voici les montants en dirhams (DH) qui fonctionnent à Marrakech et dans les grandes villes. Prenez-les comme un point de départ : visez le haut de la fourchette quand quelqu’un s’est vraiment donné du mal, le bas, voire rien, quand le service a été indifférent.
| Situation | Pourboire usuel | Comment et quand |
|---|---|---|
| Manger et boire | ||
| Café, thé à la menthe | 2 à 5 DH | Laisser la monnaie sur la table |
| Restaurant avec service à table | Environ 10 % | En espèces, avec l’addition |
| Se déplacer | ||
| Petit taxi | Arrondir | Aux 5 ou 10 DH supérieurs |
| Transfert privé aéroport | 20 à 50 DH | Au chauffeur, à l’arrivée |
| Gardien de parking | 2 à 5 DH | En repartant |
| Guides et chauffeurs : pourboire en plus du tarif convenu | ||
| Guide agréé, demi-journée (pourboire) | 50 à 100 DH | En plus du tarif, pour le groupe |
| Guide agréé, journée (pourboire) | 100 à 200 DH | En plus du tarif, pour le groupe |
| Chauffeur, circuit de plusieurs jours (pourboire) | 100 à 150 DH par jour | En plus du tarif, le dernier jour |
| Hébergement | ||
| Porteur ou charrette à bagages | 10 à 20 DH | Quand les valises arrivent |
| Ménage | 10 à 20 DH par jour | Chaque jour, ou une enveloppe au départ |
| Hammam et place Jemaa el-Fna | ||
| Hammam populaire | À partir de 20 DH | À partir de 30 DH avec un kessal |
| Photo avec un artiste de rue | Environ 20 DH | Convenu avant la photo |
Le pourboire est-il obligatoire au Maroc ?Sommaire ↑
Non. Aucune règle ne l’impose, et personne ne vous poursuivra pour quelques pièces oubliées au café. Mais les petits pourboires font partie de la vie courante, et l’on attend en général d’un visiteur qu’il laisse un peu plus qu’un habitant. Les Marocains eux-mêmes arrondissent le taxi, laissent la monnaie au café et donnent quelque chose au gardien de voitures : le voyageur qui ne laisse jamais rien se remarque.
La bonne façon de voir les choses : au Maroc, le pourboire est un merci bref et personnel, adressé à une personne précise. Ce n’est pas un pourcentage dû sur chaque dépense. D’où des montants fixes en dirhams plutôt que des pourcentages, et l’importance de la personne plutôt que de l’addition. L’employé du riad qui a porté deux valises à travers la médina mérite davantage que le serveur qui a apporté un café.
Savoir quand ne pas payer compte tout autant. Donner de l’argent à quelqu’un qui s’est imposé, ou qui réclame un paiement après une photo que vous n’avez pas acceptée, encourage la pratique et complique la visite des suivants. Notre guide des arnaques touristiques au Maroc détaille ces situations.
Restaurants, cafés et terrassesSommaire ↑
Comme en France, le prix affiché au menu comprend normalement le repas et le service. Le pourboire au restaurant au Maroc est donc un choix, pas une ligne cachée de l’addition. On en laisse un, mais modeste, et parce qu’on le veut bien.
Dans un restaurant de gamme moyenne ou sur un rooftop, arrondir ou laisser environ 10 % suffit largement. Au café, laisser les petites pièces de la monnaie est l’usage local. Dans un snack ou une gargote où mangent les habitants, personne n’attend rien, même si arrondir fait toujours plaisir.
Laissez le pourboire en espèces, sur la table ou dans la main du serveur, même si vous réglez l’addition par carte. Beaucoup de terminaux ne proposent pas de ligne pour le pourboire, et le liquide reste le seul moyen d’être sûr qu’il arrive à la bonne personne. Un « choukrane » (merci) l’accompagne.
Guides agréés et chauffeurs privésSommaire ↑
C’est ici que le pourboire est le plus attendu, et là que l’on donne le plus souvent trop ou trop peu. Le tarif convenu pour une visite guidée ou une voiture privée paie le service. Le pourboire dit que la journée s’est bien passée.
Par groupe, pas par personne
Beaucoup de guides en ligne indiquent un pourboire par personne. Cela marche pour un couple et devient gênant pour une famille de six. Plus juste : une seule somme pour le groupe, de 50 à 100 DH pour une demi-journée dans la médina, de 100 à 200 DH pour une journée complète, à ajuster si le groupe est grand ou si le guide a fait bien plus que prévu. Donnez-la à la fin, en une fois, avec un mot sur ce que vous avez aimé. Ces montants correspondent au seul pourboire, en plus du tarif convenu pour la prestation du guide.
Circuits de plusieurs jours
Sur un circuit dans le désert ou en montagne avec le même chauffeur pendant plusieurs jours, la plupart des voyageurs donnent une seule fois, le dernier jour, dans une enveloppe. Environ 100 à 150 DH par jour pour le groupe est un bon repère. Si un guide local vous rejoint dans une kasbah ou un village, on le remercie à part, sur place.
Une précision honnête. Si un guide vous emmène dans une boutique de tapis ou une coopérative, il peut toucher une commission sur vos achats. C’est courant et ne justifie pas de réduire le pourboire, mais vous pouvez toujours demander à éviter les boutiques, et un bon guide l’accepte sans discuter. Guide est une profession réglementée au Maroc : notre article pour engager un guide agréé à Marrakech explique comment vérifier sa licence.
Circuit privé dans le Sahara : Marrakech à Merzouga
Votre chauffeur-guide pendant trois jours, une nuit dans la vallée du Dadès et une nuit en camp de désert à l’Erg Chebbi. Le pourboire du chauffeur n’est pas compris dans le prix : prévoyez le repère par jour indiqué plus haut.
Voir l’itinéraire et les prixRiads et hôtelsSommaire ↑
Les riads sont petits, et les mêmes trois ou quatre personnes préparent souvent le petit-déjeuner, font les chambres et portent les bagages. Cela change la façon de donner.
- Porteurs. Les voitures n’accèdent pas à la plupart des riads de la médina : un porteur avec sa charrette finit souvent le trajet à pied. 10 à 20 DH pour l’ensemble des bagages, davantage si la marche est longue ou les valises lourdes.
- Ménage. 10 à 20 DH par jour, laissés bien en vue sur le lit ou le bureau. Le personnel tourne, et un pourboire quotidien touche plus de monde qu’un seul le dernier matin.
- Toute l’équipe. Dans un petit riad, une enveloppe laissée à la réception au départ, adressée au personnel, est courante et se partage.
- L’hôte qui a tout arrangé. Un chauffeur trouvé au dernier moment, une table réservée, un bagage retrouvé : un merci à part de 50 à 100 DH est un beau geste, pas une obligation.
Les grands hôtels internationaux fonctionnent comme partout : le porteur et le ménage, et personne d’autre n’attend rien.
Taxis et transferts aéroportSommaire ↑
Pour un petit taxi, arrondir aux 5 ou 10 DH supérieurs, c’est tout ce qu’on attend. Le vrai sujet n’est pas le pourboire mais le prix de la course : exigez le compteur, ou fixez le prix avant de monter. Notre calculateur de tarif taxi donne une estimation juste avant de héler une voiture.
Les grands taxis sur des lignes fixes entre villes vendent des places à prix établi, et l’on n’y laisse généralement pas de pourboire. Un transfert privé réservé à l’avance, c’est autre chose : 20 à 50 DH au chauffeur est un merci normal, davantage s’il a attendu des heures un vol en retard.
Le hammam, populaire ou spaSommaire ↑
Le même mot désigne deux endroits très différents. Le hammam de quartier est un bain public où les habitants se lavent chaque semaine. Le hammam de spa, dans un riad ou un institut, est un soin avec une carte, des tarifs et une salle plus calme.
Dans un hammam populaire, donner à partir de 20 DH à la personne qui vous aide est correct. Si vous prenez un kessal ou une kessala, la personne qui fait le gommage complet au savon noir et au gant kessa, comptez à partir de 30 DH selon le hammam. Donnez-le à la fin, directement à la personne qui s’est occupée de vous.
Les spas sont un autre monde, par la méthode comme par le prix : laissez ce que vous laisseriez pour un soin en France, quelque chose de modeste si vous êtes satisfait, remis à votre praticienne plutôt qu’à l’accueil.
Au hammam de quartier, fixez le prix du gommage avec le kessal avant de commencer, pas une fois allongé sur le sol chaud. Le montant dépend du hammam, et s’entendre d’abord supprime le seul moment gênant de la visite.
Photos sur Jemaa el-Fna : le prix d’abordSommaire ↑
La place est l’endroit où commencent la plupart des malentendus. Musiciens gnaoua, charmeurs de serpents, porteurs d’eau en costume rouge vivent des photos, et ils s’attendent à être payés.
Environ 20 DH est le montant habituel pour une photo. Beaucoup n’acceptent pas tout de suite : demandez le prix, et l’on vous annoncera souvent un chiffre bien plus élevé. Discutez calmement, il baisse en général. La règle qui évite toute dispute est simple : ne prenez aucune photo avant d’être d’accord sur le montant. Un serpent posé sur votre épaule sans qu’on vous demande votre avis n’est pas un accord.
Si vous voulez seulement l’ambiance, photographiez la place depuis la terrasse d’un café. Les vues larges de la foule posent rarement problème ; un portrait serré d’un artiste a toujours un prix. Notre guide de la photographie au Maroc aborde les personnes, les marchés et les lieux où l’appareil n’est pas bienvenu.
Aide non sollicitée, faux guides et gardiensSommaire ↑
Si vous avez demandé votre chemin à un commerçant et que son fils vous a accompagné jusqu’au riad, 10 DH est un gentil merci. Si quelqu’un s’est imposé sans qu’on lui demande rien et vous a promené une demi-heure, vous ne devez rien, et payer l’encourage à recommencer avec le visiteur suivant. Un « la, choukrane » (non, merci) poli dès le début évite la discussion à la fin.
Les faux guides, c’est autre chose. Guide est une profession réglementée au Maroc, et la police touristique de Marrakech interpelle régulièrement des personnes qui l’exercent sans licence. Négocier un prix avec l’un d’eux ne rend pas l’arrangement correct ni légal ; mieux vaut refuser et réserver un guide agréé.
Les gardiens de voitures, souvent en gilet réfléchissant, surveillent de nombreuses rues et parkings. 2 à 5 DH en repartant est la norme pour un arrêt court.
Dirhams, petite monnaie et carte bancaireSommaire ↑
Donnez en dirhams. Les euros sont acceptés dans quelques grands hôtels, mais pour une femme de chambre ou un chauffeur de taxi, un billet étranger signifie un passage au bureau de change, et les pièces étrangères ne s’échangent pas du tout. Notre article sur la monnaie utilisée au Maroc présente le dirham et les endroits où changer.
Les billets en circulation sont de 20, 50, 100 et 200 DH, et le 10 DH est une pièce : le kit du pourboire, ce sont des billets de 20 DH et une poche de pièces de 10 et 5 DH. Les distributeurs donnent surtout des billets de 100 et 200 DH, difficiles à faire casser au café. Notre guide des distributeurs automatiques au Maroc aide à retirer sans perdre d’argent en frais ; faites ensuite casser les gros billets à la réception du riad ou en réglant une addition plus importante.
Dernier point : le dirham n’est pas une devise que l’on rapporte librement chez soi. Les derniers billets de votre portefeuille, le jour du départ, trouvent très bien leur place en pourboire pour l’équipe du riad ou votre chauffeur.
Usages et conseils d’initiésSommaire ↑
Au Maroc, la façon de donner compte presque autant que le montant. Quelques habitudes rendent le moment simple pour tout le monde.
- Donnez de la main droite, ou des deux mains. Tendre quelque chose de la seule main gauche est jugé impoli. Les deux mains sont un geste respectueux, un peu solennel.
- Dites « choukrane ». Un merci sincère avec le billet, ou « choukrane bzaf » (merci beaucoup) en darija, transforme un paiement en moment humain. Au restaurant, un simple « c’est pour vous » fonctionne aussi.
- Le liquide avant tout. Le paiement par carte progresse, mais le pourboire par carte n’est pas l’usage. Gardez une poche de pièces et de petits billets réservée aux pourboires.
- Le ménage, chaque jour. Le personnel tourne : un pourboire laissé seulement le dernier matin ne profite parfois qu’à une personne.
- Restez discret. Glissez le billet plié dans la main plutôt que de le compter devant tout le monde. C’est plus élégant, et plus confortable pour celui qui le reçoit.
- Une photo a un prix, convenu d’abord. Pour un artiste ou une personne en tenue traditionnelle, environ 20 DH, fixés avant de sortir l’appareil, comme expliqué plus haut pour Jemaa el-Fna.
- Ne demandez pas la monnaie sur un pourboire. Si vous tendez 20 DH pour un merci de 10 DH, laissez faire : le geste perd son sens dès qu’on recompte les pièces.
Les erreurs que l’on voit
La plupart des moments gênants viennent des trois mêmes habitudes.
- Payer avant de s’être mis d’accord. Sur la place, pour un gommage ou avec un accompagnateur improvisé, le problème n’est jamais le montant mais l’ordre. D’abord l’accord.
- Donner par personne pour une famille. Une seule somme pour le groupe est la norme et évite un total gonflé.
- Repartir avec une poche pleine de dirhams. Donnez les derniers billets à ceux qui se sont occupés de vous.
Vos questions sur le pourboireSommaire ↑
Est-ce que le pourboire est inclus au Maroc ?
Le service, oui ; le pourboire, non. Dans les restaurants marocains, les prix affichés comprennent normalement le repas et le service, comme en France. Le pourboire reste donc votre décision : arrondir ou laisser environ 10 % en espèces est un merci généreux. Si une ligne de service figure un jour sur l’addition, rien de plus n’est nécessaire.
Est-ce impoli de ne pas laisser de pourboire ?
Pas en soi, surtout après un mauvais service ou dans un snack. Cela se remarque là où le pourboire est d’usage : journée guidée, séjour en riad, gommage au hammam, porteur qui traverse la médina avec vos valises. Dans ces cas, même une petite somme en dirhams vaut mieux que rien.
Les Marocains laissent-ils un pourboire ?
Oui, mais des montants plus petits. Les Marocains arrondissent le taxi, laissent des pièces au café et donnent quelques dirhams aux gardiens et aux porteurs, mais rarement dans les gargotes populaires. On attend en général d’un visiteur qu’il donne un peu plus, ce qui est normal et bien accepté.
Quel pourboire pour un chauffeur sur un circuit de 3 jours ?
Environ 100 à 150 DH par jour pour l’ensemble du groupe, donnés une seule fois le dernier jour, est un bon repère. Donnez davantage s’il a géré une panne, un détour ou une longue attente sans se plaindre. Le personnel du camp et les chameliers sont d’autres personnes, que l’on remercie à part si on le souhaite.
Peut-on donner le pourboire en euros ?
Un billet en euros vaut mieux que rien, mais il oblige la personne à aller le changer, et les pièces en euros ne s’échangent pas. Gardez plutôt des billets de 20 DH et des pièces de 10 DH. Si vous n’en avez plus, faites casser un gros billet à la réception du riad avant de sortir.
Que faire si l’on me réclame de l’argent après une photo ?
Si vous avez photographié un artiste de près sans convenir d’un prix, donner environ 20 DH est le moyen le plus rapide d’en finir, et une leçon pour la suite. Ne tendez pas un gros billet en attendant la monnaie. Si vous n’avez rien demandé et qu’on vous a forcé la main, un « la, choukrane » ferme et vous repartez.
Faut-il un pourboire si l’excursion est déjà payée ?
Oui, si vous êtes satisfait. Le prix payé d’avance couvre le service du guide et l’organisation de la journée ; le pourboire est le merci personnel, remis au guide en espèces à la fin. Vérifiez votre réservation : certaines excursions précisent que les pourboires sont inclus, la plupart non.
Dix minutes de préparation avant d’atterrirSommaire ↑
Le pourboire cesse d’être un souci dès que vous avez la bonne monnaie en poche. Le premier jour, retirez de l’argent, faites casser un gros billet au riad et gardez une poche réservée aux billets de 20 DH et aux pièces de 10 DH. Décidez à l’avance ce que vous donnerez à votre guide et à votre chauffeur : la fin du voyage devient un merci plutôt qu’un calcul.
Si vous préférez construire le voyage avec quelqu’un qui connaît le terrain, notre outil pour planifier votre voyage est le bon point de départ.



